Vivre du trading : une réalité bien loin des fantasmes

Vivre du trading : une réalité bien loin des fantasmes

Peut-on vivre du trading ? C’est une question qui revient souvent. Certains affirment que oui, et c’est vrai, à condition d’être riche d’expérience et de capitaux !

Calcul arithmétique simple

Pour obtenir un revenu net disponible d’environ 2 300 € par mois, ce qui n’est pas un revenu élevé, il faut disposer d’un capital d’environ 84 000 € et être capable de le rémunérer à 5% chaque mois, soit, 60% brut par an, ce qui est une performance assez peu répandue. Sur les 4 200 € bruts mensuels pris au marché, il faut enlever les frais de courtage qui sont de 25% environ quand ils sont adaptés au mode de trading, ce qui laisse 3 150 € nets de frais, mais sur lesquels il faudra encore acquitter 27% d’impôt sur les plus-values. Au bas de l’addition il reste 2 300 €.

Vivre du trading est beaucoup plus difficile qu’on le croit. On peut toujours adapter ces chiffres en faisant varier les frais de courtage et en cherchant une meilleure solution fiscale, mais au bout du compte, on aboutira à un rendement médiocre compte tenu de la prise de risque. Ceci concerne la presque totalité des traders individuels qui officient dans le salon de leur maison.

Pour vivre du trading, il faut du temps pour apprendre, des capitaux importants et une technique plus qu’éprouvée, et ceci concerne un petit nombre d’individus. Votre questionnement légitime est alors : dois-je renoncer ? Dans quel camp puis-je me situer ? Comment puis-je, malgré tout, opérer si je ne dispose que de l’épargne familiale ?

Ces questions conduisent tout droit à la question essentielle qui les résument et les contient : comment aborder cette activité, quelle vision préalable faut-il en avoir ?

La philosophie du placement financier

La réponse est unique : il faut éliminer définitivement la notion de jeu ou de revenu de substitution au profit de la notion de « placement ». Aborder le trading sous cet angle modifie le comportement du trader et le place dans l’axe du raisonnable, donc avec de meilleures chances de succès.

Les placements financiers sont de plusieurs natures : il y a ceux qu’offrent les institutionnels avec un rendement qui va de « moyen l’an à médiocre l’an » et la palette est large ; il y a le marché immobilier locatif et… les placements boursiers.

La différence entre le placement boursier « auto-géré » et les autres, et ce qui en fait son danger, c’est que les autres sont extérieurs à notre quotidien tandis que celui-ci est rentré dans la maison via l’informatique et l’internet.

La chose est d’importance puisque, si autrefois on on allait consulter un spécialiste ou en tout cas « un statutairement compétent », maintenant on « est » soi-même ce spécialiste, ou en tout cas on s’en prévaut.

Le sommes-nous vraiment ? Non, mais on peut le devenir. On sait bien qu’il faut avoir une approche prudente, c’est écrit partout. Mais on est vite happé par l’envie, par l’immédiat, par ce clic qu’on devrait retenir encore mais qu’on a tellement envie de faire quand-même. Alors on se risque et c’est fait, le danger vient de pénétrer la douceur du foyer.

Il suffit de gagner une première fois pour se dire qu’au fond, on en fait tout une histoire, mais que ce n’est pas si compliqué, la preuve. Il suffit de perdre une première fois pour immédiatement vouloir une revanche.

C’est fait, le doigt est dans l’engrenage d’une machine qui ne s’arrêtera de tourner que faute de ressources.

Le trading est avant tout une affaire de comportement, inhérente à cette activité devenue populaire. C’est un préalable auquel on ne peut échapper, mais ce n’est pas parce qu’on l’a respecté qu’on est devenu pour autant un trader averti. La prise en compte de ce préalable n’est qu’une partie de la route.

Lorsque l’on confie ses intérêts à l’extérieur, on sait, sans même se poser la question, que la rentabilité ne sera ni immédiate, ni colossale. Si on achète de l’immobilier locatif, on accepte de payer l’impôt foncier, les charges communes, de prendre le risque d’impayé, de dégradations etc… Si on place un capital en assurance-vie/capitalisation (c’est de la gestion boursière), on sait qu’il sera gelé pour plusieurs années, que l’intermédiaire prélèvera ses marges et que son rendement pourra être moyen.

Pourquoi alors attendre du marché boursier qu’il soit rentable sans délai, qu’il soit productif tout le temps, et qu’il n’ait pas de coûts induits ?

Dans la gestion autonome de ses avoirs, le trader est livré à lui-même, exposé à tous les dangers, et il n’aura de comptes à rendre qu’à lui-même. Est-ce cette situation qui rend certains si exigeants ?

Défendre son capital

La priorité parmi toutes les priorités, est la préservation du capital. Il faut, coûte que coûte, éviter qu’il ne s’effrite, voire ne disparaisse. Ensuite seulement, vient la technique de valorisation.

Il n’ y a pas d’issue favorable pour qui ne protège son capital. Apprendre à ne pas perdre est la première condition à remplir pour gagner.

La bulle immobilière étant achevée, il devient difficile de faire fructifier son capital. Se réfugier dans des placements de type assurance-vielivret A ou encore Codevi, ne fait que le maintenir, sans plus, tant les rendements proposés sont faibles.

L’auto-gestion boursière de ses avoirs doit fonctionner selon les mêmes principes, strictement, que ceux qui motivent le placement de son argent. Or, on constate le contraire. Par manque de méthode, de rigueur, par cupidité, par bêtise à cause de la possibilité de la prise en compte immédiate d’une décision par le marché, on ignore tout ce à quoi on réfléchirait longuement s’il s’agissait d’un autre type d’investissement.

Voilà l’erreur fondamentale, celle qui mène à la ruine. On n’a pas eu le regard d’un placement de capitaux, mais celui d’une partie de cartes remplie d’émotions qui n’ont rien à faire là.
Si je dispose de quelques milliers d’euros, une chose est certaine, je n’ai pas le droit de les perdre parce qu’ils sont ce que mes aînés m’ont légué après une vie, ou parce qu’ils sont ce que ma propre vie de travail a pu conserver. On doit s’interdire de dilapider son capital, par respect, non pas pour l’argent, mais pour ce qu’il contient d’histoire.

Lorsque l’approche choisie est une gestion boursière autonome de son argent, il faut observer et comprendre ce qui va se passer et accepter quelques principes de base, comme le risque et la perte, qui sont inhérents à cette activité.

Le risque parce que c’est une règle commune ; plus le rendement s’élève plus le taux de risque s’élève aussi. La perte parce qu’en gestion boursière active, on ne saurait gagner tout le temps.

L’approche du trading à long terme

Il faut sortir du découpage de son résultat par années calendaires qui est une vue de l’esprit attachée à des critères fiscaux, et envisager son placement sous l’angle du retour d’investissement sur une durée prédéfinie. Penser réaliser des bénéfices réguliers chaque année est une bêtise, mais envisager qu’au bout de 4 années on peut avoir valorisé son capital de 100% est un objectif accessible.

Et ce qui se passera pendant ces 4 années n’a pas d’autre intérêt que celui d’une simple perspective qui permettra d’atteindre l’objectif.

Le défaut le plus fréquent des traders novices est leur impatience qui leur fait bien souvent jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils essaient quelque chose pendant quelques semaines, et si la fortune n’est pas déjà là, ils « bazardent » tout et se tournent vers d’autres techniques, plus ou moins avérées, pour quelques semaines de plus. De cycles en cycles, de tentatives en tentatives, ils perdent de l’argent pour le plus grand bonheur de ceux qui en gagnent. Ils sont les artisans de leurs propres déconvenues à cause de leur fébrilité. Ils n’y connaissent pas grand-chose mais ils prétendent déjà à l’exceptionnel.

C’est pourquoi, avoir une vision « placement » et retirer tout aspect ludique, est la poutre maîtresse de l’édifice. Quand le plancher est pourri, on finit par passer au travers.

Se pose alors la question du choix des moyens. On ne double pas son capital en 4 ans spontanément sous le seul prétexte qu’on est devenu un investisseur en bourse.

Y parvenir demande une préparation, un apprentissage de plusieurs années, des heures, des semaines, des mois de travail.

Il n’y a donc qu’une alternative : soit on prend le temps de comprendre et d’apprendre, et alors la durée du placement ne sera plus de 4 ans, mais beaucoup plus longue ; soit on souscrit aux offres de ceux qui ont déjà acquis ces savoir-faire et les commercialisent.

La solution des conseils boursiers

Parmi les offres, on rencontre deux types de conseils. Les conseils « d’opportunité » et les conseils « encadrés ».

Les conseils d’opportunité consistent à proposer une sélection souvent agrémentée d’objectifs et rarement accompagnée d’un money management (règles de gestion du capital et du risque). Le trader doit faire des choix parmi la sélection proposée et décider, seul, d’un certain nombre de choses, comme le montant à investir par ligne, le choix de ses protections, le moment de se désengager.

Les conseils encadrés (comme mci ), s’appuient sur des méthodes/systèmes de trading dûment avérés, dont on peut attendre qu’ils donneront, dans le futur, des résultats proches de ceux constatés dans le passé dès lors qu’ils ont généré des résultats assez constants sur plusieurs années antérieures. Il faut respecter leurs instructions à la lettre sous peine de dévoyer le système et de ne plus en obtenir ce qu’on en attend.

Se pose aussi la question du choix du courtier sans lequel aucune opération en bourse n’est possible. On ne doit pas choisir d’abord son courtier et ensuite son trading, c’est le contraire !

Les frais induits par les opérations de courtage ont un impact plus que sérieux sur les résultats ; il est donc plus que nécessaire d’y réfléchir. Beaucoup d’investisseurs boursiers se voient privés de leurs résultats par les frais intermédiaires, parce que ces frais ne sont pas en adéquation avec le mode de trading qu’ils ont adopté.

C’est d’autant plus dommage que c’est sûrement la question la plus simple à régler.

Alors comment aborder les marchés boursiers ? C’est selon. Ceux qui s’y engouffrent brutalement font souvent la richesse de leurs aînés et doivent être remerciés pour leur générosité et ceux qui voudraient que la bourse soit assortie d’une assurance tous-risques et qui devraient se diriger vers autre chose.

Ce qui ne change jamais en bourse, c’est que seule une petite partie des intervenants y gagnent de l’argent. Allez savoir pourquoi…

bdswiss
Article précedent

alvexo
Article suivant

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *